Épisode 4/4

Une semaine après l’éruption du supervolcan près de Naples, Alix a décidé de gagner l’épicentre du cataclysme : un périple dans une Italie apocalyptique.

Au Groenland, les Green Teens restés au camp de base sont tirés d’affaire, mais il faut retrouver les autres, disparus dans la tempête alors qu’ils étaient partis chercher de l’aide.

À Podgorica, Virgile, Nora et Vasko découvrent in extremis l’horrible secret d’Aden. En fuite après avoir laissé un corps inanimé, ils plongent dans l’excitation et la paranoïa, tandis que leur road trip balkanique se transforme en une course-poursuite infernale.

Le temps accélère, les actions se densifient : pas de happy end artificiel pour cet épisode final, mais un feu d’artifice qui clôt en beauté cette première saison de Stand-by.

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Extrait

« Pescara lui fait l’effet d’un décor de film post-apocalyptique entre le tournage de deux scènes. Sauf qu’il n’y a aucune star pour se pavaner en peignoir, aucun technicien pour rafistoler un zombie à terre. Le décor est devenu réalité. L’électricité est coupée et les cendres tombent lourdement, tièdes, corrosives. Chaque sortie doit être calculée. L’aéroport n’est qu’à un kilomètre de la gare, mais Alix – elle veut refaire le coup des plateaux-repas – met deux heures pour le rejoindre, d’une arcade à l’autre, sous les balcons, les auvents de stations-services. Quand elle ne trouve plus rien pour s’abriter, elle s’empare d’une flèche de chantier bardée d’un gros Deviazione orange, l’utilise comme un bouclier. Au bord de la route, elle trouve des plateaux-repas vides, mais l’aéroport est bardé de barbelés, des hommes en treillis s’activent sur le tarmac, il y a des chiens. Alix rebrousse chemin.

L’autoroute qui dessert l’aéroport est fermée, Alix rejoint la chaussée. Les lignes blanches ont disparu sous la cendre, en même temps que la signalétique routière. Elle se revoit longer la nationale engorgée pour gagner Paris depuis Roissy. Aujourd’hui, elle réalise un vieux fantasme dont elle ne sait trop ce qu’il signifie, ni d’où il vient. Elle marche seule au milieu de l’autoroute. Si un véhicule déboule, ce sera forcément une voiture autorisée, ONG, télévision, forces de l’ordre. Elle devra s’improviser victime égarée, mère prête à tout, reporter indépendante ou mystique transie. En attendant, elle brasse de la cendre, respire de la cendre, avale de la cendre et repense à Jeanne, à Jean-Michel, à Giovanni, à Bianca et Vittorio, à la vieille du train et ses plateaux-repas, à toutes celles et ceux dont elle a oublié le nom, et elle se dit que n’importe quel mensonge sera crédible. »